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En France, de plus en plus de non-Européens dans les bidonvilles

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Un demandeur d’asile lors de l’évacuation d’un camp de migrants, essentiellement venus d’Afghanistan, par la police à Pantin (Seine-Saint-Denis), le 11 mai 2022.

L’objectif n’a pas été atteint. Alors qu’en 2019, le gouvernement promettait de réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles d’ici à 2022, celui-ci a finalement à peine baissé. Selon la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL), il y a aujourd’hui un peu moins de 12 000 ressortissants européens – essentiellement de Roumanie et de Bulgarie – dans des lieux de vie informels en métropole, contre près de 14 000 en 2018. Toutes origines confondues, ce sont toujours plus de 25 000 personnes qui s’y trouvent, estime le collectif d’associations Romeurope, dans son rapport annuel paru jeudi 19 mai.

Une « stagnation », constate Anthony Ikni, délégué général de Romeurope, en dépit de l’instruction gouvernementale du 25 janvier 2018, qui annonçait un « changement complet d’approche » en matière de bidonvilles. Il s’agissait alors de rompre avec la logique d’expulsion et de privilégier une approche partenariale axée sur l’accompagnement, le diagnostic social, l’orientation vers le logement… « Plus de quatre ans après, ce texte a permis l’émergence de projets intéressants sur certains territoires, reconnaît Orane Lamas, membre de Médecins du monde et administratrice de Romeurope. Mais le constat global est sans appel, ce cadre est trop faible et impuissant à faire évoluer la situation qui dépend de la volonté politique locale. » C’est-à-dire des préfets.

Le collectif rappelle que depuis l’automne 2021, « la machine à expulsions tourne à nouveau à plein régime », sans solution de prise en charge dans une écrasante majorité de cas. Dans le contexte de la constitution imminente d’un nouveau gouvernement et d’une nouvelle Assemblée nationale, le collectif appelle à l’adoption d’une loi « contraignante » qui « impose la résorption digne et durable des squats et bidonvilles ».

« Mixité de publics »

Le rapport de Romeurope souligne que les politiques publiques de lutte contre les bidonvilles sont tournées vers les citoyens de l’Union européenne (UE) alors que depuis plusieurs années, les acteurs de terrain observent une part croissante de ressortissants venant d’ailleurs dans ces lieux de vie informels. Ainsi, 45 % des personnes qui y sont recensées ne sont pas originaires d’un pays de l’UE, d’après les données de la DIHAL. Et cette proportion tend à augmenter. « Alors que les associations constatent tous les jours une mixité de publics concernés par cette forme d’habitat précaire (…) le prisme de la puissance publique n’est plus en phase avec la réalité de terrain », relève le rapport de Romeurope.

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via LeMonde

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