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Au Mali, 17 soldats et 4 civils tués dans une attaque à Tessit

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Au moins 17 soldats et 4 civils ont été tués, dimanche 7 août, tandis que 9 autres militaires sont portés disparus, après une attaque attribuée à des djihadistes dans la ville de Tessit, située dans la zone dite des trois frontières entre le Mali, le Burkina et le Niger.

Le bilan est « toujours provisoire et susceptible d’évoluer », selon un communiqué de l’armée malienne diffusé lundi, qui dit avoir tué sept ennemis « vraisemblablement de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) et bénéficiant d’un appui de drones et d’artillerie avec un usage d’explosifs et de véhicule piégé ». « Les opérations clandestines et non coordonnées de survol enregistrées par les forces armées maliennes (FAMA), hier, dimanche et aujourd’hui, confirment la thèse que les terroristes ont bénéficié d’un appui majeur et d’une expertise extérieure », assure l’armée lundi soir, sans donner plus de précisions.

L’état-major malien fait également état de 22 blessés dans l’armée, d’importantes pertes matérielles dont trois véhicules détruits et des dommages sur d’autres véhicules, les installations FAMA et les habitations de civils.

Certains civils tués sont des élus locaux, ont rapporté à l’AFP des proches des victimes sous couvert d’anonymat. Du côté « ennemi », outre les sept tués, l’armée évoque « un nombre inconnu de morts et de blessés emportés par les assaillants ». Un précédent bilan de l’armée donnait 4 soldats et 2 civils tués, ainsi que 5 morts « côté ennemi ».

Zone stratégique

Le secteur de Tessit, située du côté malien de la zone des trois frontières, dans une immense région rurale broussarde non contrôlée par l’Etat, est fréquemment le théâtre d’affrontements et d’attaques.

Les groupes armés affiliés à Al-Qaida, rassemblés sous la houlette du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, JNIM en arabe), y combattent le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), affilié à l’organisation Etat islamique (EI). Les djihadistes cherchent le contrôle de cette zone stratégique et aurifère.

L’armée malienne, installée dans un camp militaire à côté de la localité de Tessit, a également souvent été prise à partie dans cette région et notamment à Tessit. Dans cette zone parfois appelée le « Gourma malien » opèrent également des casques bleus de la mission de l’ONU au Mali.

Quant aux civils, comme ailleurs au Mali, ils sont pris entre les feux de ces acteurs du conflit, et accusés d’être alliés avec l’un ou l’autre. Les habitants de la zone ont fui par milliers, notamment vers la grande ville voisine de Gao, à quelque 150 km au nord.

Des soldats français de l’opération « Barkhane » y menaient également des opérations il y a quelques mois encore. Ils sont en train de se préparer à quitter leur dernière base au Mali, à Gao, pour se redéployer au Niger.

Aux portes de Bamako

Dimanche, la force « Barkhane » a annoncé avoir neutralisé un cadre et plusieurs combattants djihadistes, dans la région de Telataï, à 200 km au nord-est de Gao, après les avoir identifiés « grâce au recoupement de différentes sources de renseignement ».

Dans un contexte sécuritaire très dégradé, la junte au pouvoir depuis août 2020 a décidé de se séparer du vieil allié français présent au Mali depuis neuf ans, et de relancer ardemment la coopération avec la Russie.

La région de Tessit, comme l’ensemble de la zone dite des trois frontières, est d’autant plus enclavée durant la saison des pluies, de juillet à septembre, où d’importantes précipitations empêchent d’y accéder et de circuler facilement.

Le Mali est plongé dans la tourmente depuis 2012. La propagation djihadiste, d’abord confinée dans le nord, s’est étendue dans le centre et le sud du pays, ainsi qu’au Burkina Faso et au Niger voisins.

Au moins deux attaques djihadistes ont tué douze civils samedi dans le centre du Mali et cinq policiers dimanche dans le sud-ouest. Fin juillet, au moins 11 attaques coordonnées ont frappé le territoire malien, attribuées principalement à des djihadistes affiliés à Al-Qaida. L’une d’entre elles s’était déroulée à Kati, aux portes de Bamako et au cœur de l’appareil militaire malien.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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